En hêtre teinté et bronze doré.
Navigation rapide
Description/
D’un profil fait de courbes et de contre-courbes, cette sellette est fortement influencée par les œuvres extrême-orientales, notamment le mobilier chinois ou japonais. Constitué de trois tablettes réunies par l’intermédiaire de quatre pieds, ce petit meuble est d’un profil tout à fait original, avec un rétrécissement dans la partie haute. La tablette supérieure est la plus petite. La ceinture est ornée de panneaux ajourés, tout comme la ceinture de la tablette inférieure. Les pieds sont garnis d’ornements de bronze doré eux aussi très influencés par les bronzes japonais. Les parties en bois plein sont gravées de volutes, comme la ceinture de la tablette médiane dont la gravure suit le profil chantourné. Les formes de cette sellette, ainsi que le bois ajouré et les ornements de bronze sont à comparer avec un cabinet conservé au Victoria and Albert Museum de Londres (W.17:1, 2-1971), signé par Gabriel Viardot et daté de 1888. Les bronzes de cette sellette peuvent aussi être mis en parallèle avec ceux d’une vitrine de cet ébéniste, conservée au Musée d’Orsay (OAO 1652).
GABRIEL VIARDOT (1830-1906) :
Gabriel Viardot était un célèbre ébéniste parisien spécialisé dans la production de meubles « genre chinois-japonais » dans le dernier tiers du XIXè siècle. Cette sellette est d’ailleurs ce qu’il appelait, lors de l’Exposition Universelle de 1878, un petit « meuble de salon ».
Il débute sa carrière de sculpteur sur bois en 1849, date à laquelle il envoie quelques meubles à décor naturaliste à l’exposition d’horticulture. Il est alors à la tête d’une petite équipe de sculpteurs alors qu’il n’a que 19 ans. En 1853, il a une fabrique et un magasin de meuble situés aux 36 et 38 rue Rambuteau. À cette époque, il travaille avec son frère, Louis Gustave, sous le nom de « Viardot Frères et Cie ». En 1860, il créé son propre atelier, « G. Viardot », au 5 rue du Grand-Chantier, et prend la direction de l’affaire familiale qu’il gardera jusqu’en 1872. Il décide alors de se consacrer au « mobilier genre chinois-japonais », qu’il a pu observer notamment à l’Exposition Universelle de 1867. A cette même exposition, il est récompensé par quatre médailles. C’est avec cette production qu’il est récompensé à l’Exposition Universelle de 1878 par une médaille d’argent. Par la suite, il exercera successivement au 15 rue de Chaume, au 3 rue des Archives en 1878 et au 36 rue Amelot vers la fin du siècle. Ses meubles étaient réalisés grâce à des panneaux laqués et en relief envoyés directement de Chine ou du Japon et ornés d’incrustations de nacre du Tonkin. Il égayait ses meubles par des bronzes d’ornement dont les modèles étaient tous de sa main. Au cours des années, le succès ne fit que s’affirmer, notamment aux expositions de Nice et à la 8è exposition de l’Union Centrale des Arts Décoratifs en 1884. En 1885, il participe à l’Exposition Universelle d’Anvers où il obtient une médaille d’or. À cette époque, la maison emploie 90 à 100 ouvriers, sculpteurs ou ébénistes, dont beaucoup ont été formés directement par Gabriel Viardot. À la suite de cette exposition, il est promu au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur (29 décembre 1885). En 1889, il est présent à l’Exposition Universelle qui eut lieu à Paris et est récompensé par une médaille d’or. Il obtient la même récompense à l’Exposition Universelle de 1900.
La sellette que nous vous présentons ici est tout à fait caractéristique de ces « meubles genre chinois-japonais » par ses formes et ses grilles ajourées. Vers 1880-1890, la production de Viardot devient moins exubérante et marque un retour vers la symétrie et les lignes droites. Cette sellette marque bien ce retour vers plus de sagesse.









