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Ce grand vitrail est constitué de quatre panneaux séparés par des barlotières, armature métallique venant les soutenir. L’encadrement, appelé lui aussi barlotière, était prévu pour être scellé directement dans la maçonnerie. Les panneaux assemblés figurent une grande scène de chasse à courre prenant place dans un paysage rocailleux. La scène est occupée par cinq personnages vêtus de chausses et de tuniques, selon l’usage médiéval. Le premier plan est occupé par un page accroupi retenant deux chiens à l’air menaçant à l’aide d’une laisse. Ce page est vêtu d’une tunique d’un bleu profond et porte une toque de couleur crème et des chausses mauves. Les chiens semblent être de la race des braques ou des labradors, races de prédilection pour la chasse. À gauche, un troisième chien s’apprête à stopper la fuite d’un chevreuil.
Le second plan est largement occupé par deux hommes sur leur monture. L’homme de droite semble être un riche châtelain, portant une toque à plumet et vêtu d’une tunique de pourpre brodée et bordée d’un galon doré. Il tient une lance de sa main gauche et porte de longs éperons. Son cheval est harnaché selon l’usage médiéval. L’homme de gauche est lui aussi monté à cheval et il s’apprête à transpercer de sa lance un chevreuil qui tente de s’échapper. À l’extrémité droite prennent place deux personnages eux aussi montés à cheval : une jeune fille et un autre page. Un anachronisme veut que cette jeune fille soit vêtue de la même manière que les hommes c’est-à-dire avec une tunique et des chausses. L’arrière-plan ouvre sur le ciel.
Cette verrière est d’une grande qualité artistique, notamment grâce aux nombreux détails dans le dessin. C’est ainsi qu’on perçoit distinctement les barbes et les rides des châtelains ou la fine broderie de la tunique rouge. De même, les couleurs éclatantes dénoncent une connaissance approfondie des techniques de réalisation.
Dès 1850 en France, l’art du vitrail renaît après une période de décadence aux XVIIè et XVIIIè siècles. C’est ainsi que plusieurs maîtres verriers, comme Chenavard et Alaux, le font revivre. La famille Mauméjean se place dans cette renaissance du vitrail. Jules-Pierre Mauméjean (1837-1909), natif de Pau, y crée un atelier de vitraux et de mosaïques en 1860 après avoir reçu une formation en dessin. Il créa de nombreux ateliers dans le sud de la France et aussi en Espagne, à Madrid, à Barcelone et à San Sebastian. À la mort de Jules-Pierre, ses trois fils, Joseph, Henri et Charles reprennent et agrandissent l’entreprise, sous le nom « SA MAUMEJEAN Frères ». On peut donc légitimement dater la réalisation de ce vitrail de cette époque, soit après 1909. Les ateliers installés à Hendaye étaient gérés par Joseph, tandis que Henri s’occupait des ateliers espagnols et Charles de ceux du nord, notamment de Paris. Les ateliers de Hendaye ont été détruits une première fois en 1927 et une seconde fois en 1936, signant la fin de cet atelier.
L’entreprise Mauméjean est présente dans toutes les grandes expositions tant en France, qu’en Europe. Elle accumule les distinctions et les prix notamment aux Expositions Universelles. Elle aurait été chargée de plus de cinq cents réalisations, notamment pour des églises et des hôpitaux. Elle a aussi réalisé de nombreux chemins de croix en mosaïque.
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