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Auguste LEPERE : Rare vase impressioniste sur socle en bois sculpté
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Auguste LEPERE : Rare vase impressioniste sur socle en bois sculpté
 
 

Dimensions/
 46cm  57cm  39cm
État/
 Petits accidents sur la base en bois (en cours de restauration).
Origine/
 Faïence décorée à la barbotine colorée et base en noyer
Signature « A. Lepère » dans la partie basse du vase
Vers 1875-1878.
Référence/
 03125
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Auguste LEPERE : Rare vase impressioniste sur socle en bois sculpté

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Description/    

Reposant sur une base en bois sculpté, ce vase en faïence est le support d’une marine peinte par Auguste Lepère, comme l’indique la signature « A. Lepère », tout à fait caractéristique du peintre, située dans la partie basse du vase. Se déployant sur la panse galbée du vase, le décor est composé comme un tableau, offrant à notre vue tout un paysage, rempli de bateaux, de personnages et d’habitations. La profondeur du paysage est nettement sensible par la présence de trois plans distincts : la plage, la mer et le ciel. Composée par de larges touches de pinceau, cette composition a très probablement subi l’influence de l’Impressionnisme naissant. Deux têtes de lion à la gueule ouverte mais aux crocs fermés prennent place sur la panse du vase, formant ainsi les anses. Représentés dans un bleu profond, ces lions tranchent avec les couleurs pastels de la composition de Lepère. Très délicatement sculptée, la base de bois nous laisse à voir une végétation luxuriante habitée par une ravissante grenouille. Le travail qu’a représenté la réalisation de ce chef d’œuvre de la céramique est perceptible par ses dimensions et par le fait que base en bois et vase ont été réalisés l’un pour l’autre.


Ce vase, impressionnant par ses dimensions et par le décor qu’il porte, est décoré à la barbotine colorée. Cette technique fut mise au point par Ernest Chaplet chez Laurin à Bourg-la-Reine en 1871. Dans une lettre, Chaplet raconte la mise au point de ce procédé : « C’est alors que je conçus l’idée de la barbotine à la faïencerie de Laurin même. Je me servis de la pâte de faïence qui était cuite, de couleur rougeasse ; j’y appliquais une terre blanche mélangée d’oxydes colorants de toutes nuances, qui permettaient de peindre sur la pâte crue, absolument comme sur une toile. Cette terre colorée était employée à l’eau et permettait à l’artiste de revenir autant de fois qu’il le voulait et empâter sa pièce comme on empâte une toile, sans risques aucuns. Ensuite on cuisait à un premier feu puis on trempait la pièce cuite dans une couverte transparente, qui donnait par le feu le vernis nécessaire à la peinture et la solidité qu’il lui fallait pour résister aux  injures du temps ». Le décor sous couverte fondait alors avec l’émail au cours de la cuisson, ce qui donnait un certain flou accentuant encore le style impressionniste de ces faïences. Par la suite, de 1874 à 1885, les ateliers où l’on pratique ce procédé de décor se multiplient : l’atelier le plus connu est celui d’Haviland à Auteuil, mais il y a aussi celui de Camille Moreau-Nélaton à Paris, celui de Millet et Massier à Sèvres ou encore celui d’Eugène Schopin à Montigny-sur-Loing. L’Exposition Universelle de 1878 devait consacrer les travaux de tous ces ateliers, cependant que l’Impressionnisme s’imposait dans le monde de la peinture.

Fils de François Lepère, sculpteur et élève de Rude et issu d’une famille installée à Paris depuis plusieurs générations, Louis-Auguste Lepère, plus connu sous le nom d’Auguste Lepère, est né le 30 novembre 1849. Montrant très tôt des dispositions pour le dessin, son père décida de la placer en apprentissage dans l’atelier de l’anglais Joseph-Burn Smeeton, graveur du « Magasin pittoresque ». En 1865, il s’inscrit à l’Ecole gratuite de dessin dirigée par Lecoq de Boisbaudran. C’est comme cela qu’il commence une longue carrière de peintre – graveur. En février 1871, il interrompt momentanément son activité pour s’engager dans le 12è Bataillon des Mobiles de Paris, où il rencontre de nombreux artistes tels que Bracquemond, Puvis de Chavanne ou Degas. Lorsqu’il reprend les pinceaux, il est très influencé par les paysagistes de l’Ecole de Barbizon et, plus tard, il se laissera séduire, pour un temps, par l’Impressionnisme. C’est probablement de cette époque que date la composition présente sur ce vase. Dans les années 1870, il s’adonne exclusivement à la peinture, mais, entre 1876 et 1878, il travaille comme décorateur de faïences pour la manufacture de Laurin à Bourg-la-Reine. En effet, une lettre datée de 1901, Ernest Chaplet dit : « Les pièces que peignit Lepère furent faites chez Laurin après mon départ de cette maison qui eut lieu à la fin de l’année 1974 ». Au Salon des Artistes Français, en 1876, Lepère présente plusieurs œuvres sur faïences, montrant des paysages de bord de Seine. À la première exposition de l’Union Syndicale de Peintres et de Sculpteurs, en 1877, il présente deux vases, intitulés Le Printemps et L’Automne. Cependant, il abandonne cette activité pour rentrer au « Monde Illustré », marquant ainsi son retour à la gravure sur bois. Malheureusement, on ne sait que très peu de choses sur cette activité très éphémère de peintre sur faïence. Les critiques de l’époque l’assimilent tantôt aux Impressionnistes, tantôt aux peintres de Barbizon. Paysagiste, il fréquente assidûment la forêt de Fontainebleau. Il se rend également à Fécamp et y produit ses premières marines : peut-être celle de notre vase illustre-t-elle ces voyages à Fécamp ?

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