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Charles CHAPLIN (1825 - 1891), Portrait d'homme
Charles CHAPLIN (1825 - 1891), Portrait d'homme
Charles CHAPLIN (1825 - 1891), Portrait d'homme
Charles CHAPLIN (1825 - 1891), Portrait d'homme
Charles CHAPLIN (1825 - 1891), Portrait d'homme
Charles CHAPLIN (1825 - 1891), Portrait d'homme
Charles CHAPLIN (1825 - 1891), Portrait d'homme
 
 

Dimensions/
 128cm  164cm  0cm
État/
 Dans son cadre d'origine. Très bon état.
Origine/
 Circa 1887, France
Référence/
 15049
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Description/    

Portrait d’homme

Huile sur toile. Cadre d’origine.
Signé et daté en bas à gauche : « Ch. Chaplin 1887 »
   
Ce grand portrait d’homme est signé et daté dans l’angle inférieur gauche : « Ch. Chaplin 1887 ». L’homme, représenté en buste, porte un complet noir qui se fond dans un arrière-plan obscur. On devine les contours plus qu’on ne les voit ce qui confère à ce portrait un caractère mystérieux. Seule la chemise blanche et les carnations rosées contrastent avec les couleurs sombres qui dominent cette toile. L’homme, d’un certain âge, semble être issu de la classe aristocratique. Il porte une cravate en foulard, comme l’usage le voulait au milieu du XIXè siècle. Le costume noir est lui aussi extrêmement fréquent à partir des années 1850. L’homme adopte une pose frontale, quelque peu atténuée par un léger trois quart, ce qui le dégage d’une trop grande raideur. Il est le symbole même de l’élégance raffinée de cette fin de siècle. À l’instar d’un Napoléon Ier, l’homme ici représenté adopte la posture de la main dans le gilet. Le mimétisme n’est point la cause à cela mais les règles de politesse et de bienséance. En effet, dans le livre du Père de la Salle, Les règles de la bienséance et de la civilité chrétienne, qui a connu de nombreuses rééditions tout à long du XVIIIè et du XIXè siècle, la posture est savamment réglementée : « C’est un défaut de croiser les bras sur la poitrine, de les entrelacer derrière le dos, de les laisser pendre avec nonchalance, de les balancer en marchant (…) ; l’usage veut que si l’on se promène avec une canne à la main, le bras qui est sans appui soit posé légèrement contre le corps, (…) ; il est assez ordinaire de poser le bras droit sur la poitrine ou sur l’estomac, en mettant la main dans l’ouverture de la veste à cet endroit ». L’homme représenté ici est donc un gentilhomme connaissant parfaitement les règles de savoir-vivre.

 

CHARLES JOSHUA CHAPLIN  (8 juin 1825 – 30 janvier 1891)

Charles Chaplin est né aux Andelys, le 8 juin 1825, d’un père anglais et d’une mère normande. En 1839, la famille s’installe à Paris et Charles, qui n’a alors que quatorze ans, intègre l’atelier de Michel-Martin Drölling. Le 1er octobre 1840, il entre à l’Ecole des Beaux-Arts où il obtient de nombreux prix (Torse, Tête, Expression, Esquisse peinte, Figure peinte). En 1843, un camarade de l’Ecole des Beaux-Arts le dénonce afin qu’il ne participe pas au Prix de Rome : en effet, étant de nationalité anglaise, il ne pouvait concourir à l’obtention de ce prix. Il part alors en Auvergne, en Bretagne et en Normandie et se spécialise dans la peinture de paysage. C’est à l’occasion de ces voyages qu’il rencontre Adolphe Leleux. Il participe pour la première fois au Salon en 1845, en présentant notamment un portrait de sa jeune sœur. Il y participera régulièrement jusqu’en 1889. Lorsqu’il était encore aux Beaux-Arts, il fut demandé par une dame pour faire son portrait. Cette dame n’était autre que Marie Duplessis, la célèbre courtisane qui inspira la Dame aux Camélias. Par la suite, ses portraits qui le conduiront au succès, notamment grâce aux nombreuses commandes de l’aristocratie du Second Empire. En effet, au Salon de 1851, il est récompensé par une médaille de troisième classe. Au Salon de 1852, c’est une médaille de seconde classe qu’il obtient. Cette date marque un tournant dans sa carrière puisque, à partir de cette date, il sera beaucoup demandé pour réaliser des portraits, notamment de femmes. D’ailleurs, ses contemporains le surnommait le « Peintre de la Femme ». Son style est fortement inspiré par l’art du XVIIIè siècle, notamment par les peintures de Boucher ou de Greuze. Sa palette est caractérisée par l’emploi de blanc, de gris et de rose. Les couleurs sombres se voient rarement dans sa palette, qui est plutôt composée de pastels. Le portrait que nous vous présentons ici semble donc être une exception dans sa production.
Chaplin est aussi un peintre décoratif officiel du Second Empire et du couple impérial. En 1861, il décore le Salon des Fleurs aux Tuileries en peignant un plafond et six dessus de portes (détruits en 1871). Puis, il est demandé pour le Palais de l’Elysée, où il réalise la Salle de Bain de l’Impératrice Eugénie et le Salon de l’Hémicycle. Ses œuvres décoratives se retrouveront dans de nombreux hôtels particuliers parisiens comme à l’hôtel Musard. Il a également produit des œuvres destinées à l’étranger (Bruxelles, La Haye, Saint-Pétersbourg, New-York). A son époque, son succès était tel que ses œuvres étaient reproduites par des lithographies, des aquarelles, sur des écrans, des éventails, des paravents, des boîtes à bonbons ou même des boîtes d’allumettes.
Connu surtout comme « peintre de la femme », il a aussi été conduit à réaliser des portraits d’hommes, dont celui représenté ici. Cependant, ceux-ci sont très inférieurs en nombre à ceux de femmes. En effet, dans toute sa carrière, il ne présentera que sept portraits d’hommes au Salon. Le plus connu aujourd’hui reste celui de son beau-frère, William Priestley, réalisé en 1852 et conservé au musée des Beaux-Arts de Rouen (il s’agit de l’unique portrait d‘homme de Chaplin conservé dans une collection publique). En comparaison, le portrait daté de 1887 semble être une œuvre de maturité, l’œuvre d’un homme en pleine possession de tous ses moyens. De fait, une de ses œuvres majeures, Dans les rêves, est présentée au Salon de 1887, la même année que la réalisation du portrait présenté ici. Sa santé commence à vaciller en 1888 et il va alors produire une série de peintures répétitives, toutes sur le même thème. Il meurt à Paris le 30 janvier 1891.
 

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